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Michelle a 8 ans. Elle est une petite orpheline qui vit avec sa grand-mère et ses deux sœurs à Bumala (Kenya). Au mois de mai, Michelle a eu de la fièvre. Sa grand-mère, inquiète, l'a amenée à une clinique de Bumala. Elle a reçu une injection. Un médicament périmé ou bien mal injecté. Malheureusement, quelques jours plus tard, elle a développé des complications. L'endroit où elle a reçu l'injection s'est infecté et la peau environnante a nécrosé (les cellules de la peau sont mortes). Elle a été référée l'hôpital de Busia, une ville situé à 30 minutes de Bumala.

Lors de son séjour à l'hôpital, Michelle a subi deux interventions chirurgicales pour enlever les cellules de peau mortes sur sa fesse et sur sa cuisse gauche. Lorsque j'ai visité Michelle pour la première fois, le lendemain de la deuxième intervention, elle était allongée sur un lit simple, sans draps, à côté d'un autre enfant malade. Son lit était dans une grande pièce avec une trentaine de lits sans draps contenant deux à trois enfants malades par lit. Son bandage était souillé de sang et de pus. Il aurait eu besoin d'être remplacé. Malheureusement, les conditions médicales de l'Afrique rurale sont bien différentes de celles que nous connaissons en Amérique du Nord. Ce fût le premier choc de mon périple de bénévolat dans un petit village du Kenya.

 
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Michelle avec son livre d'école.

 
 

 

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Le bandage de Michelle qui n'a pas été changé depuis deux jours.

 

La semaine suivante, Michelle a demandé à sa grand-mère de retourner à la maison. Durant son séjour à l'hôpital, cinq enfants étaient morts. Michelle ne voulait pas mourir à l'hôpital.

De retour à la maison (une hutte faite de boue séchée), Michelle allait chaque matin au dispensaire de Bumala pour changer son bandage. Le premier matin, je l'ai accompagnée. Deuxième choc de mon voyage. Le bandage, qui était collé à la plaie, a été retiré. L'infirmière a versé du peroxyde sur toute la plaie. Vous pouvez imaginer à quel point cette procédure est souffrante. Aucun médicament pour la douleur. Une fois la plaie nettoyée, un nouveau bandage de gazes a été mis en place. Les gazes non adhérentes n’existent pas en Afrique rurale. Bien que la plaie n’était pas infectée à ce moment, il y avait peu de chance que la plaie se cicatrise avec le traitement de peroxyde.

Quelques jours plus tard, j'ai rencontré un groupe de l'Église Baptiste qui faisait parti d'une délégation médicale. Une des infirmières du groupe avait une spécialisation en soins pour les plaies. Un médecin et trois infirmières ont offert de venir voir Michelle à sa hutte. Ils ont changé son bandage et ils m'ont donné des antibiotiques, des vitamines et des bandages pour que je puisse m'occuper de Michelle et changer son bandage.

 

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Les gazes adhèrent à la plaie ce qui causent des saignements lorsqu'elles sont retirées. Les gazes non adhérentes n'existent pas à Bumala.

 

Pour le mois qui a suivi (jusqu'à mon départ), je suis allée voir Michelle chaque jour. Au début, c'était un défi. Changer un bandage sur un tapis de paille, sur la terre, avec les mouches noires qui voulaient se nourrir du sang de la plaie, les poules qui s’approchaient un peu trop… du jamais vu pour une blanche qui était habituée à l'hyper stérilité des soins médicaux Nord-Américain. J'ai appris à connaître Michelle et à apprécier sa grande force. Huit ans, sans peau sur sa fesse et sur sa cuisse, elle passait sa journée couchée sur un tapis de paille, dans des conditions difficiles et jamais elle ne pleurait. C'était beaucoup pour une si jeune enfant. Pour s'assurer qu'elle ne perde pas la mobilité de ses articulations, à chaque visite nous faisions des exercices et une petite marche. Pour aider à sa guérison, je lui apportais un œuf dur ou du lait (il est primordial de manger des protéines pour permettre au tissu de se régénérer). Elle avait toujours un grand sourire lorsque je le lui donnais, pourtant c'était si peu. Elle s'ennuyait de l'école. Chaque jour, elle me lisait un livre en anglais que je lui apportais de la bibliothèque de l'école. Elle parlait très peu, mais lorsqu'elle lisait le livre, c'était à haute voix et avec beaucoup de fierté.

 

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Anouk avec le médecin et une des infirmières qui changent le bandage de Michelle. Son lit, un tapis de paille.
 

Quelques semaines plus tard, Michelle m'a surprise. Lorsque je suis arrivée à la hutte, elle était chez la voisine. Elle était debout et de très bonne humeur. Elle voulait retourner à l'école. À partir du lendemain, je suis allée chercher Michelle à 7h30am, changer son bandage et direction école. Elle a repris les cours comme si de rien n'était, même si elle ne pouvait s'asseoir que sur une fesse à cause de sa plaie.

Lorsque j'ai quitté Bumala, le cœur un peu gros, Michelle allait bien. La plaie avait commencé à guérir. Il y avait environ 1.5 centimètres de peau qui s'était développée à la périphérie de la plaie. Il n'y avait aucun signe d'infection. C'était presqu'un miracle compte tenu des conditions de vie de Michelle. J'ai enseigné aux nouveaux bénévoles comment changer le bandage et je leur ai laissé le matériel nécessaire.

 

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Malheureusement, au courant des dernières semaines, le bandage de Michelle est tombé durant la nuit. Sa plaie s'est infectée. L'infection semble s'améliorée. Elle voit un chirurgien à Kisumu (trois ou quatrième plus grosse ville du Kenya) cette semaine. Il est de plus en plus évident qu'une greffe de peau est la seule façon que Michelle va pouvoir s'en sortir. Sans bénévole avec une formation médicale de base et dans des conditions d'hygiènes très minimales, le risque d'infection est trop grand. Si les infections se répètent et que Michelle ne réussit pas à les combattre, elle risque l'amputation et probablement pire puisque la plaie se rend très haut sur sa fesse.

 

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Michelle a besoin de votre aide. L'opération est dispendieuse. Michelle et sa famille vivent dans la pauvreté. Ils ont de la difficulté à se payer de la nourriture. Cette opération est inaccessible pour Michelle sans votre aide. Tout don est grandement apprécié, si petit peut-il vous sembler.

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Michelle et Anouk la dernière journee avant le départ d'Anouk.
 
Pour faire un don à l'aide de votre carte de crédit, appuyez sur "Donate Now" à la droite. Une fois sur le site CanadaHelps.org, sélectionnez "Michelle's Skin Graft".
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Si vous préférez, vous pouvez poster un chèque ou un mandat poste pour "One Child's Village". Mentionnez que c'est pour la levée de fonds de Michelle:

One Child's Village
Suite 3382, 11215 Jasper Avenue
Edmonton, Alberta
Canada T5K 0L5

Merci milles fois pour votre aide!

Anouk Allard
Bénévole pour Mercy Children Centre
École pour orphelins, Bumala (Kenya)
Mai – Juillet 2009

 


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